D'où parlons nous ? D'un blog qui déchire les voiles des asiles d'ignorance du spectacle des apparences...

Publié le par Pierre GAPENNE

O douceurs, ô monde, ô musique. Je fixais des vertiges : je finis par trouver sacrés les désordres de mon esprit...

O douceurs, ô monde, ô musique. Je fixais des vertiges : je finis par trouver sacrés les désordres de mon esprit...

 

  O douceurs, ô monde, ô musique. Je fixais des vertiges : je finis par trouver sacrés les désordres de mon esprit. L'élément démocratique, c'est la probité infernale des masses, ce que le temps ni la science n'ont à reconnaître : tous ignorent l'amour désespéré et maudit.

   
   Le blog qui déchire tous les voiles d'ignorance du spectacle (Voir Libérer les praxis de l'habitus par l'hexis ) des apparences. Pour savoir s'il faut commencer par sauver les riches pour pouvoir racheter l'innocence des pauvres ou au contraire s'il faut d'abord sauver les pauvres pour pouvoir racheter les fautes calamiteuses des riches ? Voir l'article L'indécence du monde 1 . L'appel de l'oeuvre : l'effort et le travail
 

            Quiconque cherche les vraies causes des prodiges de la Nature et s’applique à connaître en savant les choses de cette Nature, au lieu de s’émerveiller comme un sot, sait que détruire l’ignorance, c’est détruire l’étonnement imbécile : c’est l’unique moyen de raisonner et de sauvegarder notre autorité. Ceux qui ne connaissent pas les choses de la Nature, n’offrent rien qui s’applique à elles, mais les imaginent seulement et prennent l’imagination pour l’entendement. Ils croient donc fermement qu’il y a en elles de l’Ordre, dans l’ignorance où ils sont de la nature tant des choses que d’eux-mêmes. Tous ces préjugés dépendent du seul préjugé finaliste consistant en ce que les hommes supposent communément que toutes les choses de la Nature, agissent comme eux-mêmes en vue d’une fin (ils vont jusqu’à tenir que dieu lui-même dirige tout vers une certaine fin : il a fait l’homme pour que l’homme lui rendit un culte). Les préjugés relatifs au bien , au mal, au mérite, au péché, à l’ordre, à la confusion, à la beauté , à la laideur, naissent de ce que les hommes ont un appétit de rechercher ce qui leur est utile et en ont conscience mais qu’ils n’ont aucune connaissance des causes de cet appétit et de cette conscience : ils se figurent être libres parce qu’ils ont conscience de leurs volitions et de leurs appétits et ne pensent pas même en rêve aux causes par lesquelles ils sont disposés à appéter et à vouloir, n’en ayant aucune connaissance. De la sorte, ce préjugé se tourna en superstition et poussa de profondes racines dans leurs âmes : proposition 16 Ethique I, de la nécessité de la Nature, doivent suivre en une infinité de modes, une infinité de choses. La Nature n’a aucune fin à elle prescrite et toutes les causes finales ne sont rien que des fictions : des asiles d’ignorance. Appendice de l'Ethique I. Les hommes ne sont dominés par la superstition qu'autant que dure la crainte et les égarements d'imagination d'une âme triste et craintive. (Traité Théologico-Politique, p 20).

 

    Voici la prose sur l'avenir : j'assiste à l'éclosion de ma pensée, je la regarde, je l'écoute, je lance un coup d'archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs. Je sais et je tiens le système mais je ne suis pas prisonnier de ma raison. L'intelligence a toujours jeté ses idées naturellement : l'homme ne se travaillant pas n'était pas encore éveillé, pas encore dans la plénitude du grand songe. La première étude de l'homme qui veut être poète philosophe est sa propre connaissance entière (comprendre ce qu'on sait), il cherche son âme, il l'inspecte, il la tente et l'apprend. Dès qu'il la sait, il doit la cultiver : en tout cerveau doit s'accomplir un développement naturel. Tant d'égoïstes se proclament auteurs et s'attribuent leur progrès intellectuel. Mais il s'agit de faire l'âme monstrueuse. Je dis qu'il faut être voyant et se faire voyant en se guérissant de ses aveuglements. Le poète philosophe se fait voyant par un long et immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie, il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons pour n'en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi et de toute la force surhumaine où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit et le suprême savant. Car il arrive à l'inconnu et quand affolé il finit par perdre ses visions, qu'importe, il les a vues. Le poéte philosophe est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l'humanité, des animaux même, il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions. Si ce qu'il rapporte de là-bas a forme, il donne forme ; si c'est informe, il donne de l'informe. Toute parole étant idée, il devra trouver un langage : le temps d'un langage universel viendra. Cette langue sera de l'âme pour l'âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs de la pensée accrochant la pensée et tirant. Il définira la quantité d'inconnu s'éveillant en son temps dans l"âme universelle. Il donnera la formule de sa pensée : sa marche au progrès sera une Enormité qui deviendra la norme : absorbée par tous, elle sera un multiplicateur de progrès. L'art éternel aura sa fonction : la poésie du voyou voyant rythmera l'action du citoyen : en avant. Inspecter l'invisible et entendre l'inouï, c'est autre chose que reprendre des choses mortes. Baudelaire est le premier voyant : un vrai petit dieu. Les inventions d'inconnu réclament des formes nouvelles.

                     Sous le charme de Dionysos, non seulement le lien se renoue d'homme à homme, mais même la nature qui nous est devenue étrangère, hostile ou asservie, fête sa réconciliation avec l'homme, son fils prodigue. La terre offre d'elle-même ses dons, les bêtes fauves des rochers et des déserts approchent pacifiées. Le char de Dionysos se couvre de fleurs et de guilandes, la panthère et le tigre marchent accouplés sous son joug. Qu'on transforme en un tableau le triomphal l'Hymne à la joie de Beethoven et qu'on tâche d'égaler cette imagination qui voit les millions d'êtres se prosterner dans la poussière : on aura alors une idée approchante du dionysisme. L'esclave devient un homme libre, toutes les barrières rigides et hostiles que la nécessité, l'arbitraire ou la << mode insolente >> ont mise entre les hommes, cèdent à présent. Dans cet évangile de l'harmonie universelle, non seulement chacun se sent uni, réconcilié, fondu avec son prochain, mais il se sent identique à lui, comme si le voile de Maïa se déchirait et ne flottait plus qu'en lambeaux autour du mystère de l'Unité originelle. Par ses chants et ses danses, l'homme montre qu'il est membre d'une communauté supérieure, il a oublié la marche et la parole, il est sur le point de s'envoler en dansant dans les airs. La naissance de la tragédie, Friedrich Nietzsche. p 24.


     

Publié dans Philosophie

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